déc 042013
 

HERBIER 2.0
Une websérie documentaire inédite sur la rénovation de l’Herbier du Muséum national d’Histoire naturelle, accessible sur www.webdoc-herbier.com depuis le 28 novembre, sur les sites internet du Muséum, du CNRS et à suivre chaque semaine sur universcience.tv.

A l’occasion de l’ouverture de la Galerie de Botanique du Jardin des Plantes et du lancement d’HERBIER 2.0, le Muséum et Universcience (universcience.tv) se sont associés pour un numéro spécial le 29 novembre dernier.

En 2009, une équipe de réalisateurs-photographes décide de suivre la métamorphose de l’Herbier du Muséum national d’Histoire naturelle. Quatre ans plus tard, cette rénovation du sol au plafond se termine : 8 millions de spécimens inventoriés, restaurés, reclassés et en grande partie numérisés dans un bâtiment refait à neuf ! La série s’attache aux petites histoires humaines et scientifiques qui sont autant de fenêtres ouvertes sur les collections botaniques normalement fermées au public.

Au fil des 40 chroniques de cette websérie, on découvre la richesse des collections botaniques et l’engagement passionné des scientifiques de l’Herbier National. Pendant les travaux, leurs recherches continuent : sur la flore de Nouvelle-Calédonie, la description de champignons inconnus, l’identification de moisissures, la généalogie des légumineuses, la génétique des plantes cultivées dans Paris lors du siège de 1870, l’inventaire des algues rouges présentes dans tous les océans du monde, ou encore la modélisation des réactions des bananiers face au changement climatique.

Cette rénovation raconte également la réorganisation des collections botaniques à l’aune des nouvelles connaissances scientifiques. C’est-à-dire, non plus en fonction des zones géographiques où poussent les plantes, mais suivant leurs liens de parenté, leur phylogénie, disent les spécialistes de la classification.

Enfin, c’est aussi tout l’enjeu que représentent la numérisation et la mise en ligne de tous les échantillons qu’appréhende cette websérie. Et l’on comprend que l’Herbier National du Muséum devient ainsi le premier herbier virtuel au monde.

Teaser déjà disponible sur www.webdoc-herbier.com
Et deux chroniques en avant première :

Réalisé par Anne-France Sion, Vincent Gaullier et Carlos Muñoz Yagüe, coproduit par Ex Nihilo, Look at Sciences, Universcience (Cité des sciences / Palais de la Découverte), Muséum national d’Histoire naturelle, CNRS Images.

déc 032013
 

L'Herbier du Muséum (couverture)
Dans le cadre de l’ouverture de la Galerie de Botanique, paraît le 4 décembre le beau livre L’Herbier du Muséum. Un ouvrage collectif sur le plus grand et plus ancien herbier au monde, que le chantier de rénovation tout juste achevé fait entrer de plain-pied dans le XXIe siècle.

Les collections de l’Herbier du Muséum, conservées au Jardin des Plantes, ne cessent de s’enrichir depuis près de 450 ans. Elles sont aujourd’hui estimées à huit millions de spécimens provenant de toutes les régions du monde et appartenant à tous les groupes de végétaux, ce qui fait de l’Herbier national, le plus remarquable herbier du monde tant par son volume que par sa valeur scientifique et historique.

Ce livre, écrit par les botanistes du Muséum, raconte l’aventure de l’Herbier depuis le Cabinet du roi en 1635 jusqu’à sa récente rénovation, le voyage des plantes par-delà les océans, leurs usages, les systèmes de classification, l’introduction et la disparition des espèces. Il présente les portraits des grands botanistes qui l’ont constitué, dont Tournefort, les Jussieu, Humboldt et Bonpland, ainsi qu’une sélection commentée de plus de quatre-vingt planches, parmi les plus belles de la collection.

On pourra ainsi admirer le premier échantillon de Bougainvillier, rapporté du Brésil par Commerson, les couronnes de fleurs découvertes dans le sarcophage de Ramsès II, les différentes espèces de blé collectées par Adanson, ou les fleurs du désert de Théodore Monod.

Séchées, repliées, étiquetées, annotées au fil du temps, les plantes conservées dans l’Herbier sont bien vivantes. À travers cet extraordinaire aperçu de la variété et de la beauté de la flore mondiale, c’est aux enjeux de la biodiversité que nous sensibilise ce livre.

L’Herbier du Muséum – L’aventure d’une collection
Coédition ArtlysMuséum national d’Histoire naturelle
160 pages, environ 200 illustrations. 25 €.

Cet ouvrage collectif est le fruit du travail des équipes de chercheurs et chargés des collections de botanique du Muséum, notamment : Cécile Aupic, Benoît Carré, Thierry Deroin, Joëlle Dupont, Thomas Haevermans, Florian Jabbour, Denis Lamy, Line Le Gall, Odile Poncy, Corinne Sarthou et Catherine Vadon.

nov 262013
 

Nouveaux rayonnages mobiles (juillet 2013), photo MNHN / Françoise Bouazzat
Le vaste projet de rénovation de la Galerie de Botanique touche à sa fin. Il a combiné rénovation architecturale, numérisation des collections et reclassement de l’Herbier du Muséum, le plus grand et le plus ancien du monde (avec 8 millions de spécimens). Ce chantier n’a aucun équivalent à l’international, les collections, maintenant inventoriées, numérisées et informatisées, vont pouvoir servir pleinement leur rôle dans la recherche en systématique botanique. Outre la rénovation et l’aménagement du bâtiment, le chantier des collections botaniques et des collections documentaires, un nouvel espace d’exposition pour le public ouvrira ses portes le 27 novembre 2013.

Les collections de botanique du Muséum national d’Histoire naturelle constituent l’Herbier national, véritable banque de données sur la diversité végétale. Avec 8 millions de spécimens, elles figurent parmi les plus remarquables au monde, tant par leur volume que par leur valeur scientifique et historique.

La Galerie de Botanique héberge ces collections ainsi que les espaces dévolus à leur gestion et leur consultation et les laboratoires dans le quels les scientifiques du Muséum pratiquent la recherche en botanique au sens le plus large. L’Herbier du Muséum national d’Histoire naturelle conserve des collections de référence accumulées depuis plusieurs siècles, qui continuent de s’enrichir et qui sont aujourd’hui encore indispensables aux travaux des botanistes du monde entier : le Muséum est en relation avec environ 200 institutions botaniques des 5 continents. Lorsqu’un botaniste décrit une espèce considérée comme nouvelle, il désigne un spécimen de référence, appelé “type”, déposé dans un Herbier institutionnel où il est consultable. La collection de l’Herbier du Muséum est riche de près de 500 000 types. Ceci en fait l’une des plus sollicitées et consultées dans le monde.

La Galerie de Botanique accueille de plus, en ses murs, une collection documentaire spécialisée inestimable (monographies, périodiques, tirés à part, manuscrits, dessins, estampes…) qui sert de support aux recherches et aux consultations.

Chaque année, plus de 150 scientifiques travaillent dans ces collections : botanistes du Muséum, chercheurs du CNRS, de l’IRD, du CIRAD, scientifiques étrangers détachés par leurs instituts d’origine ou invités par le Muséum, chercheurs en visite, enseignants, gestionnaires de l’environnement, collectionneurs…

Soixante-quinze ans après l’installation de l’Herbier national, en 1936, dans l’actuel bâtiment classé monument historique, celui-ci s’est révélé progressivement inadapté en termes de fonctionnalités et de conditions environnementales. Sa capacité d’hébergement de collections a été rapidement atteinte puis largement dépassée. Confronté à d’importants problèmes de place, de vétusté et de conservation, le Muséum a donc décidé de rénover le bâtiment et les collections de botanique.

Ce projet de rénovation confortera la place de premier ordre occupée par le Muséum dans le dispositif international des grandes infrastructures de recherche. La diffusion sur Internet des photos numériques de l’ensemble des spécimens constitue l’un des projets les plus ambitieux de ce début de siècle dans le domaine des collections naturalistes.

Cette aventure unique fut entièrement pensée, conçue et pilotée par les équipes du Muséum. Validé en 2006 et lancé en 2008, le programme de rénovation comprenait deux volets : la rénovation du bâtiment et le chantier des collections de botanique autour de trois enjeux : volonté de préserver le patrimoine, susciter l’intérêt du public par de nouvelles démarches muséographiques et doter les chercheurs de structures modernes. Chercheurs, qui, durant le chantier ont pu poursuivre leurs travaux. Continue reading »

jan 232013
 

Site Les Herbonautes

Suite à la numérisation de l’Herbier du Muséum national d’Histoire naturelle et dans le cadre du programme E-ReColNat, le premier site de sciences participatives consacré aux collections d’herbiers vient d’ouvrir ! Rendez-vous sur lesherbonautes.mnhn.fr

Quel est l’objectif ?
Le site « Les herbonautes » propose au grand public de contribuer à la création d’une base de données scientifique à partir des millions de photos des plantes de l’Herbier national situé au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Avec l’aide des internautes, le site souhaite faire d’une banque d’images une base de données accessible à tous.

Quel est le principe ?
Le site « Les herbonautes » propose des « missions ».
Chacune d’entre elles comporte entre 250 et 2500 images de spécimens qui répondent à une question scientifique. L’internaute choisit au hasard une image qu’il devra identifier et renseigner. Il explore alors l’image de la plante et son étiquette et détermine où et par quels botanistes elle a été récoltée.
Afin de valider les données, chacune de ces images sera proposée plusieurs fois sur le site. En cas de contradiction, un forum permet aux participants de discuter et de choisir la donnée la plus pertinente. À l’issue de la mission, un compte-rendu est diffusé sur le site et les informations sont incorporées à la base de données Sonnerat (base du réseau des herbiers de France), et va alimenter celles de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (http://inpn.mnhn.fr), ainsi que les grandes bases internationales sur la biodiversité (GBIF). L’animation des communautés d’herbonautes se fait en collaboration avec l’association Tela Botanica.

Le saviez-vous ? Rien qu’à l’Herbier national, plus de 6 millions de photos sont disponibles. Ce nombre doublera en incluant les autres herbiers de France. Une seule personne mettrait 500 ans pour informatiser la totalité. Continue reading »

oct 132009
 

Le Centre culturel Calouste Gulbenkian rend hommage à Lourdes Castro en présentant le Grand Herbier d’Ombres réalisé sur l’Île de Madère en 1972.

(Canna indica, Lourdes Castro)

Dans sa recherche plastique sur les possibilités de représentation de l’ombre, l’artiste portugaise a enregistré les ombres d’une centaine de différentes espèces botaniques fixées, directement sous le soleil, sur du papier héliographique. Lourdes Castro atteint dans ce travail un moment de beauté absolue, décisif dans son projet de dématérialisation du réel.

(Asplenium adiantum, doradille noir, Lourdes Castro)

L’exposition :
La présentation à Paris du Grand Herbier d’Ombres a une signification en quelque sorte symbolique et unificatrice. Elle relie deux temps et deux géographies – ses deux villes, Paris, où elle a vécu pendant 25 ans et où elle a commencé sa recherche plastique sur la représentation des ombres, et Funchal (Île de Madère), lieu de sa naissance et lieu de découverte où, pendant l’été 1972, elle a développé ce travail artistique.

(Orchidacées, Lourdes Castro)

Elle relie également la phase d’initiation au temps de la sagesse. Elle reflète une grande maturité plastique, tout en nous transportant dans un temps d’émerveillement, celui de l’enfance. Objet d’une apparente clarté conceptuelle, l’Herbier est réalisé après la traversée d’une phase intense d’expérimentation plastique des possibilités de représentation de l’ombre (à partir de 1961).

(Louva a deus, Lourdes Castro)
(Vitis vinifera, raisins, Lourdes Castro)

L’objet lui-même est un vrai Herbier à plantes, scientifique et méticuleux, organisé sous forme de livre ou de catalogue où sont présentées les ombres projetées d’environ 100 différentes espèces botaniques. L’artiste a développé son travail de manière naturelle, stimulée par les retrouvailles de ce monde naturel et magique, et à partir du souvenir de ses premiers essais de sérigraphie (1962), lorsqu’elle obtint les premières ombres projetées d’objets. La singularité de l’objet d’art Grand Herbier d’Ombres se situe sur le plan de la convocation d’images de la vie, dans un dialogue imaginaire entre l’objet et son double, le corps et l’âme, le réel et le magique. La ligne incertaine qui sépare le monde clair de la réalité invisible. Dans les pages de cet Herbier et dans les ombres de chacune des plantes y représentées, nous voyons beaucoup plus que leur traits. Leur pouvoir évocatoire d’autres images nous place sur le territoire éblouissant de l’utopie.

(Strelitzia reginae, Lourdes Castro)

La vie de Lourdes Castro :
Lourdes Castro est née en 1930 à Funchal, sur l’archipel portugais de Madère. Elle effectue des études de peinture à l’École des Beaux-arts de Lisbonne avant de quitter le Portugal pour Munich et puis Paris où elle crée avec son mari, le peintre René Bertholo, la revue expérimentale KWY (1958-1963) et le mouvement du même nom auquel s’associent l’artiste bulgare Christo, l’artiste allemand Jan Voss et des artistes portugais tels que Costa Pinheiro, Escada, Gonçalo Duarte et João Vieira. Lourdes Castro participe en 1959 à la première Biennale de Paris. Au début des années 1960, elle commence à abandonner l’abstraction lyrique ayant jusqu’alors marqué son travail et se rapproche des idées des Nouveaux réalistes. Elle crée des collages d’objets du quotidien en assemblant des biens de consommation, souvent récupérés dans les déchets, porteurs de souvenirs d’un monde inhabité, dans des boîtes et en les peignant en teintes argentées.
La création de ces objets réveille l’intérêt de Lourdes Castro pour les ombres et la représentation de ces contours dématérialisés, signes paradoxaux de la présence matérielle. Elle commence à apposer des silhouettes de ses amis sur des toiles et développe cette technique avec l’utilisation du plexiglas, soulignant encore davantage la fusion complexe et contradictoire de l’objet dans une dimension immatérielle. Ses silhouettes peintes sur plexiglas, découpées ou brodées sur des draps, introduisent une nouvelle dimension dans le pop art, par une sorte de dialectique de présence-absence de l’image. L’artiste anime ces silhouettes dans les spectacles qu’elle réalise à partir de 1966, notamment dans son théâtre d’ombres. Après un séjour à Berlin entre 1972 et 1973, elle se consacre de plus en plus à ces actions inspirées de la tradition chinoise et des happenings et présente ses spectacles à Paris, Berlin, Anvers, Amsterdam, Aix-la Chapelle, Hanovre, Caracas, Lisbonne, Porto, Triste, Mantova, Munich, Strasbourg, Vénice, Frankfurt et São Paulo. Lourdes Castro retourne sur l’Île de Madère en 1983 où elle vit et travaille aujourd’hui.

Lourdes Castro et la Fondation Calouste Gulbenkian :
Lourdes Castro est représentée dans la collection du Centre d’Art moderne José de Azeredo Perdigão (CAMJAP) de la Fondation Calouste Gulbenkian de Lisbonne avec cinq peintures, un objet-peinture, deux sculptures, quatre dessins, deux gravures et un objet-textile. Le CAMJAP a consacré pour la première fois une exposition au Grand herbier d’ombres en 2003. Les liens entre l’artiste et la Fondation remontent cependant à 1958 quand Lourdes Castro obtient une bourse de la Fondation Calouste Gulbenkian pour ses études de peinture.

Infos pratiques :
Commissaire de l’exposition : Helena de Freitas.
En collaboration avec le Centre d’Art moderne José de Azeredo Perdigão / Fondation Calouste Gulbenkian.
Du 14 octobre au 12 décembre 2009. Entrée libre.
Centre culturel Calouste Gulbenkian, 51, avenue d’Iéna, 75016 Paris
Accès : métro Etoile, Kléber ou Iéna, bus 30, 31 ou 92
Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi, de 9 h 00 à 17 h 30.
Renseignements au tél. : 01 53 23 93 93.
Site : www.gulbenkian-paris.org