avr 272011
 

Imaginez un cytise couvert de belles grappes de fleurs, mais non pas jaune vif, plutôt rose pêche abricot… Voici qui devrait plaire aux amateurs de teintes pastels et de couleurs douces.

Chimère végétale : Laburnocytisus adamii

Laburnocytisus adamii, Jardinerie Taffin, Montmorency (95), avril 2011, photo Alain Delavie

Laburnocytisus adamii est un petit arbre d’origine horticole. Mais ce n’est ni une variété, ni un hybride entre deux espèces. Il résulte du greffage d’un véritable cytise (Laburnum anagyroides) avec un genet (Chamaecytisus purpureus). Le greffage a été tenté pour la première fois par un pépiniériste parisien, Jean-Louis Adam, vers 1825 ou 1826.

Chimère végétale : Laburnocytisus adamii

Laburnocytisus adamii, Jardinerie Taffin, Montmorency (95), avril 2011, photo Alain Delavie

Quand j’ai découvert ce petit arbre, je n’en croyais pas mes yeux. Les grappes de fleurs sont vraiment de toute beauté.

Mais le greffage donne en fait trois floraisons différentes. La plus belle, celle que j’ai photographiée, est intermédiaire entre celle du Laburnum et du Chamaecytisus : couleur rosée, fleurs du cytise (Laburnum). Certaines branches donnent des fleurs jaune vif, comme celle du vrai cytise (Laburnum). D’autres, au contraire, portent les fleurs du genet (Chamaecytisus) et sont rose pourpré plus foncé. Le sujet que j’ai photographié n’avait que des fleurs intermédiaires, les plus belles à mon goût.

J’ai fait cette trouvaille lors de ma visite dans la Jardinerie Taffin, à Montmorency (95).

avr 192011
 

« Je suis à la recherche d’un arbre pour redorer mon petit jardin privatif un peu seul depuis la mort prématurée du prunus. Le site est plutôt exposé nord. » Question posée par Y. Benhelal la semaine dernière et à laquelle je vais donc répondre avec d’autant plus d’intérêt que le sujet concerne beaucoup de jardins citadins, souvent coincés entre de grands immeubles qui leur cachent le soleil.

Un prunus a poussé dans ce jardin, mais vient de périr. Il est risqué de replanter un arbre du même genre (Prunus) surtout au même endroit, même si ce n’est pas vraiment la même espèce ou variété. La mort de l’arbre peut provenir d’un parasite (insecte, champignon, etc.) ou de conditions de culture inadaptées (manque de lumière, humidité excessive ou insuffisante, etc.). Donc inutile de recommencer, il faut même plutôt replanter un arbre d’une famille botanique différente (autre que la famille des Rosacées).

L’exposition au Nord est la plus froide et la moins ensoleillée. Le plus souvent, il n’y a pas du tout de soleil, ce qui n’empêche pas un emplacement suffisamment clair. Mais d’emblée, toutes les essences d’arbres qui exigent le plein soleil (espèces héliophiles) sont à écarter. Adieu robinier faux-acacia, lilas, cytise, mimosa, arbre de Judée et tous les cerisiers à fleurs (Prunus). On oublie aussi l’olivier…

Le jardin est petit, il faut donc éliminer les grands arbres, notamment ceux qui poussent très vite, ou les espèces qui ont tendance à vite envahir l’espace en se ressemant ou en drageonnant comme le vernis du Japon (Ailanthus altissima) ou les sumacs (Rhus).

Les essences d’arbres les plus adaptées à ce petit jardin :

  • Les ifs (Taxus baccata et variétés, notamment celles à port érigé, moins encombrantes), au feuillage persistant. Ces conifères peuvent prendre des proportions imposantes avec l’age, mais ils supportent des tailles sévères.
  • Les rhododendrons (plutôt les grandes espèces et variétés), qui exigent un sol acide ou neutre.

    Rhododendron hybride à grand développement

    Rhododendron, parc André Citroën, Paris 15e (75), photo Alain Delavie

  • Les houx communs (Ilex aquifolium et variétés), au feuillage persistant et brillant. Les pieds femelles donnent des baies souvent vivement colorées, à la condition d’avoir un pied mâle à proximité.

    Houx commun (Ilex aquifolium)

    Houx commun en haie, Parc de Bercy, Paris 12e (75), photo Alain Delavie

  • Les buis (Buxus sempervirens ‘Elegantissima’ au feuillage vert et blanc par exemple, très lumineux dans un endroit ombragé) qui forment lentement de grands buissons puis prennent l’aspect de petits arbres, avec un feuillage persistant luisant et une floraison printanière précoce et discrète, très appréciée par les insectes pollinisateurs.
  • Les érables du Japon (Acer japonicum et variétés) au feuillage caduc, à installer dans un sol neutre ou acide.
avr 152011
 

Aussi dénommé merisier à grappes ou putiet, ce petit arbre caduc offre une généreuse floraison printanière au doux parfum d’amande. Il pousse à l’état sauvage dans de nombreux départements français, mais il est aussi cultivé comme arbre d’ornement. Un superbe sujet fleurit en ce moment dans le square de la Tour Saint-Jacques (Paris 4e).

Arbre à floraison printanière : Prunus padus

Cerisier à grappes (Prunus padus), square de la Tour Saint-Jacques, Paris 4e (75), avril 2011, photo Alain Delavie

Les petites fleurs blanc crème sont réunies en grappes pendantes de 8 à 15 cm de longueur. Elles donnent ensuite des fruits noirs, des petites drupes non comestibles.

Arbre à floraison printanière : Prunus padus

Cerisier à grappes (Prunus padus), square de la Tour Saint-Jacques, Paris 4e (75), avril 2011, photo Alain Delavie

L’arbre a un port buissonnant, étalé, conique à l’état jeune, avec des branches presque retombantes. Il peut mesurer jusqu’à 15 à 18 m de hauteur et environ 10 m de largeur. Les rameaux sont glabres, noirâtres, avec des lenticelles claires. Quand on les casse, une odeur désagréable due à l’amygdaline s’en dégage, d’où l’origine d’un de ses noms populaires de bois puant.

Arbre à floraison printanière : Prunus padus

Cerisier à grappes (Prunus padus), square de la Tour Saint-Jacques, Paris 4e (75), avril 2011, photo Alain Delavie

Le cerisier à grappes apprécie un sol frais, plutôt calcaire. Il se cultive en isolé ou en haie libre.

Description de Coste (tome 2, taxon n°1094) id : 1836 – pr : 9
Nom présent dans la flore de Coste : Cerasus padus DC. – Bois puant.

  • Arbuste de 2 à 6 mètres, à rameaux peu nombreux, à odeur désagréable ; feuilles assez grandes, obovales, acuminées, finement dentées, à dents aiguës, étalées, non glanduleuses, d’un vert sombre, molles, glabres ou un peu pubescentes en dessous, caduques ; fleurs blanches, se développant après les feuilles, en longues grappes pendantes, cylindriques, feuillées à la base ; calice à lobes ciliés-glanduleux ; drupe globuleuse, du volume d’un pois, à la fin noire, à saveur acerbe.
  • Bois humides, dans le Nord, l’Est, le Centre et les montagnes siliceuses ; nul dans l’Ouest et la région méditerranéenne.Presque toute l’Europe, Asie occidentale.