nov 262013
 

Nouveaux rayonnages mobiles (juillet 2013), photo MNHN / Françoise Bouazzat
Le vaste projet de rénovation de la Galerie de Botanique touche à sa fin. Il a combiné rénovation architecturale, numérisation des collections et reclassement de l’Herbier du Muséum, le plus grand et le plus ancien du monde (avec 8 millions de spécimens). Ce chantier n’a aucun équivalent à l’international, les collections, maintenant inventoriées, numérisées et informatisées, vont pouvoir servir pleinement leur rôle dans la recherche en systématique botanique. Outre la rénovation et l’aménagement du bâtiment, le chantier des collections botaniques et des collections documentaires, un nouvel espace d’exposition pour le public ouvrira ses portes le 27 novembre 2013.

Les collections de botanique du Muséum national d’Histoire naturelle constituent l’Herbier national, véritable banque de données sur la diversité végétale. Avec 8 millions de spécimens, elles figurent parmi les plus remarquables au monde, tant par leur volume que par leur valeur scientifique et historique.

La Galerie de Botanique héberge ces collections ainsi que les espaces dévolus à leur gestion et leur consultation et les laboratoires dans le quels les scientifiques du Muséum pratiquent la recherche en botanique au sens le plus large. L’Herbier du Muséum national d’Histoire naturelle conserve des collections de référence accumulées depuis plusieurs siècles, qui continuent de s’enrichir et qui sont aujourd’hui encore indispensables aux travaux des botanistes du monde entier : le Muséum est en relation avec environ 200 institutions botaniques des 5 continents. Lorsqu’un botaniste décrit une espèce considérée comme nouvelle, il désigne un spécimen de référence, appelé “type”, déposé dans un Herbier institutionnel où il est consultable. La collection de l’Herbier du Muséum est riche de près de 500 000 types. Ceci en fait l’une des plus sollicitées et consultées dans le monde.

La Galerie de Botanique accueille de plus, en ses murs, une collection documentaire spécialisée inestimable (monographies, périodiques, tirés à part, manuscrits, dessins, estampes…) qui sert de support aux recherches et aux consultations.

Chaque année, plus de 150 scientifiques travaillent dans ces collections : botanistes du Muséum, chercheurs du CNRS, de l’IRD, du CIRAD, scientifiques étrangers détachés par leurs instituts d’origine ou invités par le Muséum, chercheurs en visite, enseignants, gestionnaires de l’environnement, collectionneurs…

Soixante-quinze ans après l’installation de l’Herbier national, en 1936, dans l’actuel bâtiment classé monument historique, celui-ci s’est révélé progressivement inadapté en termes de fonctionnalités et de conditions environnementales. Sa capacité d’hébergement de collections a été rapidement atteinte puis largement dépassée. Confronté à d’importants problèmes de place, de vétusté et de conservation, le Muséum a donc décidé de rénover le bâtiment et les collections de botanique.

Ce projet de rénovation confortera la place de premier ordre occupée par le Muséum dans le dispositif international des grandes infrastructures de recherche. La diffusion sur Internet des photos numériques de l’ensemble des spécimens constitue l’un des projets les plus ambitieux de ce début de siècle dans le domaine des collections naturalistes.

Cette aventure unique fut entièrement pensée, conçue et pilotée par les équipes du Muséum. Validé en 2006 et lancé en 2008, le programme de rénovation comprenait deux volets : la rénovation du bâtiment et le chantier des collections de botanique autour de trois enjeux : volonté de préserver le patrimoine, susciter l’intérêt du public par de nouvelles démarches muséographiques et doter les chercheurs de structures modernes. Chercheurs, qui, durant le chantier ont pu poursuivre leurs travaux. Continue reading »

nov 212013
 

Exposition Noces végétales, Tzuri Gueta, Grandes Serres du Jardin des Plantes de Paris, Paris 5e (75)

Du 21 novembre 2013 au 2 février 2014, la Fondation Ateliers d’Art de France et le Muséum national d’histoire naturelle présentent au coeur des Grandes Serres du Jardin des Plantes, Noces végétales, la première exposition parisienne du créateur Tzuri Gueta.

Utilisant une matière issue du silicium associée au textile pour créer des oeuvres d’inspiration organique, Tzuri Gueta sublime une nature protégée et contrôlée en proposant un parcours au coeur des serres à la fois réel et rêvé, empreint de symboles. Le monde végétal se découvre autrement, à travers l’oeil du créateur, passé sous le spectre de la modernité, de l’imaginaire, de l’engouement créatif.

Désigné lauréat du prix Le Créateur de la Fondation Ateliers d’Art de France, Tzuri Gueta s’est vu offrir la possibilité de présenter son travail sous une forme exceptionnelle dans un lieu choisi pour sa singularité et les résonances entretenues avec ses propres créations.

Inventeur d’une technique unique et brevetée de « dentelle siliconée », Tzuri Gueta révèle depuis plus de quinze ans à travers ses textiles, ses parures et ses mises en scène un univers résolument organique, végétal ou géologique qui ne demandait qu’à s’épanouir dans un lieu dédié à la nature. Avec le soutien financier et logistique de la Fondation Ateliers d’Art de France, Tzuri Gueta a choisi de présenter son exposition Noces Végétales à Paris, dans les Grandes Serres du Jardin des Plantes. Source d’inspiration pour de nombreux artistes – peintres, hommes de lettre, sculpteurs ou musiciens – le Jardin des Plantes entretien depuis sa création au XVIIe siècle une relation féconde entre les sciences naturalistes et l’art.

Noces Végétales déroule pour le visiteur un parcours initiatique dans les rites et les symboles du mariage. Les noces que l’on célèbre ici sont celles qui associent dans un troublant mimétisme la dentelle siliconée et les végétaux abrités par la serre. Un rideau de gouttes déployé comme un dais, des lustres aux drapés élégants en maille tubulaire, des fourreaux de dentelle épousant des troncs d’arbre au plus près de l’écorce, des extensions de silicone prolongeant une branche… mêlent leurs silhouettes organiques à la végétation exubérante de la serre. Où se situe la limite entre le végétal et sa prothèse de silicone ? Entre le vrai et le faux ? Les créations simili-végétales de Tzuri Gueta collaborent avec le lieu, créent un dialogue avec les plantes. Comme un terrain de jeu pour un créateur qui sait entretenir la confusion entre les matières.

Né sur le rivage d’Israël, Tzuri Gueta a gardé en mémoire les formes organiques des éléments brassés par les fonds sous-marins dont il aime reproduire dans son travail les lignes de coraux, les coloris, mais aussi l’impression de mouvement généré par le courant. C’est cette impression de vie que l’on retrouve ici. Car si ces organismes en dentelle siliconée relèvent d’une nature imaginaire et fantasmée, ils sont pourtant parfaitement vraisemblables. A contrario, la nature ne produit-elle pas elle-même des éléments d’une telle perfection, vernissés et luisants, qu’ils semblent artificiels ? La consistance du silicone, matériau naturel issu du silicium et proche du verre, permet d’autant mieux la mise en œuvre du leurre. Dans Noces Végétales, le créateur n’imite pas la végétation, il la réinvente, en manipulant les codes d’une nature protégée et ultra-contrôlée par le lieu emblématique de la serre.

Pour Tzuri Gueta, la serre devient un laboratoire, une couveuse expérimentale dont les parois vitrées n’imposent qu’une frontière fragile entre l’intérieur et l’extérieur. Ses pièces hybrides, minutieusement réalisées à la seringue dans son atelier, sont surdimensionnées pour habiller un lieu si monumental.

Noces Végétales est une expérience visuelle et sensorielle propre à perturber le visiteur qui imaginait admirer une multitude de plantes. En s’immergeant dans le silence d’une végétation en trompe-l’œil qui bouscule ses perceptions, il est invité à découvrir la nature autrement, à travers le regard d’un artiste textile qui s’approprie à loisir le rôle de « Créateur ».

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nov 202013
 

Vigie-Nature Compet' à la mangeoire
En cette fin d’année 2013, Vigie-Nature innove ! L’idée ? Faire endosser au citoyen l’habit d’un chercheur ou d’une chercheuse en effectuant une expérience scientifique chez lui.

Vigie-Nature présente Vigie-Manip’
Vigie-Nature, le programme de sciences participatives du Muséum national d’Histoire naturelle, se dote d’un nouveau volet expérimental intitulé « Vigie-Manip' ». Manip’ pour manipulation, un terme couramment employé dans les laboratoires de recherche. Dans Vigie-Manip’, les « observateurs-expérimentateurs » sont invités, au-delà d’une simple observation, à réaliser une expérience scientifique selon un protocole qui permet de rendre comparables les données avec celles des autres participants.

Compet’ à la mangeoire
Participez à la première expérience de Vigie-Manip’ : Compet’ à la mangeoire !
Cette expérience explore les choix de nourrissage des oiseaux des jardins en hiver, en fonction de la nourriture disponible et du nombre d’individus présents. Tout l’enjeu de l’expérience est de comprendre les jeux d’interactions entre les espèces d’oiseaux en fonction du contexte environnemental.

Comment ça marche ?
Le protocole consiste à compter les oiseaux présents sur deux mangeoires plateaux identiques (que l’on peut facilement construire soi-même) proposant une offre en nourriture différente (graines de tournesol, graines de niger…). Les comptages sont ensuite saisis sur le formulaire en ligne de Compet’ à la mangeoire pour être analysés par les chercheurs du Muséum. L’expérience peut être réalisée sur un balcon, une terrasse, un jardin privé ou public et recommencée autant de fois que le participant le souhaite entre le 18 novembre 2013 et le 15 février 2014.

Retrouvez le protocole, les questions fréquentes et la marche à suivre détaillée sur le blog Vigie-Nature : http://vigienature.mnhn.fr/blog/ne-pas-manquer/compet-mangeoire

oct 222013
 

Grâce à l’enthousiasme des observateurs répartis dans toute la France, les résultats de l’Opération Cymbalaire Fleurs lancée en juin dernier sont là : les pétales des cymbalaires poussant en grandes agglomérations ont globalement une taille inférieure à ceux des villes plus petites. La suite ? Élucider si cette différence est due à un phénomène évolutif lié à la rareté des pollinisateurs en ville ou bien à une offre en ressources nutritives plus faible en milieu urbain dense qu’en milieu rural. Pour cela, le Muséum national d’Histoire naturelle et Tela Botanica invitent tous les curieux de nature et passionnés de botanique à collecter… des graines !

Tentative d'encadrement du temps, Stacey, Parcelle MAP, 13ème Festival des Murs à Pêches, Montreuil-sous-Bois (93)
En juin dernier était lancée par le Muséum national d’Histoire naturelle et Tela Botanica l’Opération Cymbalaire dans le cadre de Sauvages de ma rue, un observatoire du programme de sciences participatives Vigie-Nature. L’objectif : mesurer les pétales de ces petites fleurs violettes qui poussent sur les murs et murets. Grâce à la participation des observateurs qui ont transmis leurs données, Nathalie Machon, chercheuse au Muséum, a pu montrer que les cymbalaires poussant en grande agglomération possèdent des pétales plus petits en moyenne de 1,5 mm que celles d’agglomérations inférieures à 5000 habitants. Ce résultat semble suggérer que les cymbalaires n’investissent pas dans la production de grandes fleurs en milieu densément urbanisé, où les insectes pollinisateurs sont plus rares.

Quels pollinisateurs ?
Le réseau des observateurs du Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs (SPIPOLL), un autre observatoire Vigie-Nature, a apporté sa contribution à l’opération. En effet, des collections de photographies ont montré la présence de différentes espèces sur les fleurs de cymbalaire : bourdon, abeille sauvage, abeille domestique, fourmi… Une collection toute particulière réalisée au cœur de Paris a montré quant à elle que durant 20 minutes d’observation, aucun insecte n’est venu se poser sur les fleurs de cymbalaire. Cette donnée d’absence va dans le sens des résultats de Nathalie Machon. Mais pour l’instant une seule donnée ne permet pas de conclure avec certitude. Affaire à suivre…

Opération cymbalaire : Le temps de la moisson !
Cependant, ces premiers résultats laissent Nathalie Machon songeuse. À quelle cause attribuer la différence de taille des pétales de cymbalaires entre villes plus ou moins grandes ? Les cymbalaires auraient-elles évolué vers la production de petites fleurs en réponse au manque de pollinisateurs dans les milieux densément urbanisés ? Et si c’était dû à un manque de nutriments dans les brèches urbaines des grandes agglomérations ? Afin d’en avoir le cœur net, Nathalie Machon propose de faire pousser au printemps prochain, au Muséum national d’Histoire naturelle, des cymbalaires dont les graines proviennent de toute la France. En grandissant dans le même environnement, avec les mêmes ressources, ces cymbalaires auront tous les nutriments à disposition pour fabriquer de grandes fleurs. Si des différences de taille de pétales persistent, l’Opération Cymbalaire aura mis à jour une évolution du système de reproduction des cymbalaires en fonction de leur habitat, probablement en lien avec la disponibilité en pollinisateurs.

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oct 082013
 

Affiche de la Fête de la Science au Muséum national d'histoire naturelle, Paris, octobre 2013
À l’occasion de la Fête de la Science, les scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle ouvrent les portes de leurs laboratoires pour présenter au public leurs métiers et leurs recherches. La Fête de la Science est un moment unique dans l’année où adultes et enfants peuvent pénétrer dans ces lieux de travail et découvrir, de manière inédite, les coulisses du Muséum.

Rendez-vous les samedi 12 et dimanche 13 octobre de 13h à 18h !
Au programme : une trentaine d’animations entièrement gratuites sont proposées pendant deux jours par une centaine de chercheurs. Visites de laboratoires, films, mini-conférences et ateliers divers attendent les visiteurs, petits ou grands (voir les détails du programme) !
Autour des thèmes « De l’infiniment grand à l’infiniment petit » et « L’eau dans tous ses états », curieux et passionnés de sciences pourront appréhender la préhistoire, la biodiversité, la paléontologie, la biologie ou encore l’archéologie.

Toutes les activités proposées sont gratuites.
Exceptionnellement, l’exposition permanente de la Grande Galerie de l’Évolution est en accès libre pendant ces 2 jours.

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juin 062013
 

Logo SPIPOLL

Le week-end des 8 et 9 juin prochains, l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie), le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et Natureparif, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France, organisent le premier week-end national de rencontre des observateurs du SPIPOLL (Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs).

Une trentaine de participants venus de toute la France est attendue à la base de loisirs de Bois-le-Roi (Seine-et-Marne), près de la forêt de Fontainebleau. Ce sera l’occasion pour les participants de se rencontrer, après souvent des mois d’échanges en ligne autour de leurs collections de photographies sur le site internet du SPIPOLL, mais aussi de retrouver l’équipe de ce programme de sciences participatives : les chercheurs du Muséum et les animateurs de l’Opie.

Au programme :

  • Ateliers sur les évolutions du site internet ;
  • Sessions SPIPOLL « géantes » (tous les participants investissent un site fleuri et photographient un maximum d’insectes en 20 minutes) ;
  • Sessions collectives d’identification sur photos…

Initié par le Muséum et l’Opie, le SPIPOLL est un programme de sciences participatives original basé sur la photographie numérique.
Il suffit de choisir un type de plante en fleurs, puis de photographier pendant 20 minutes tous les insectes venant y butiner ! Des véritables collections de photographies sont ainsi constituées et partagées entre les « Spipolliens » sur le site internet. Des outils originaux sont également proposés pour identifier les insectes observés. Un doute sur une identification ? Pas de problème, la communauté des participants se fera un plaisir de vous aider. À ce jour, plus de 83000 photos d’insectes ont déjà été déposées sur le site internet du SPIPOLL !

Vous avez un appareil photo numérique, vous aimez les insectes et vous êtes soucieux de la biodiversité ?… À vos marques, prêts, photographiez !
Plus d’informations sur le programme : spipoll.org