déc 062013
 

Version française de l’Atlas européen de la biodiversité des sols
Taupes, crapauds, fourmis, vers de terre, champignons, algues… représentent des formes de vie qui composent la biodiversité des sols. Pour sensibiliser le grand public à l’importance et la richesse de la biodiversité des sols, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie a participé hier, lors de la journée mondiale des sols,  au lancement d’un Atlas européen de la biodiversité des sols en version française et d’un jeu des 7 familles intitulé « La vie cachée des sols ».

Alors que l’activité des organismes du sol participe notamment à sa fertilité, à la qualité de notre alimentation, à la pureté de l’air et à la qualité de l’eau, la biodiversité des sols est menacée par l’accroissement des pressions liées à l’activité humaine ainsi que par les changements globaux. Elle reste de plus une des composantes les moins connues de la biodiversité. Ces deux ouvrages permettront à un large public de la découvrir et d’en comprendre le rôle fondamental.

La version française de l’Atlas européen de la biodiversité des sols voit le jour après avoir rencontré un fort succès lors de sa première publication en anglais en 2010. Cet atlas est le résultat d’un effort inédit pour cartographier les dégradations et menaces pesant sur la biodiversité des sols dans l’Union Européenne. C’est un ouvrage pédagogique de référence qui s’adresse aussi bien au grand public qu’aux chercheurs, décideurs politiques et enseignants. Chaque chapitre est rédigé par des spécialistes de renommée internationale.

Jeu de 7 familles "La vie cachée des sols"
Le jeu des 7 familles intitulé « La vie cachée des sols » est destiné à un public de 8 à 12 ans. Grâce à 42 photographies commentées et à un livret pédagogique illustré, ce jeu permettra aux plus jeunes de découvrir en s’amusant la diversité et le fonctionnement de la vie cachée dans les sols mais aussi les scientifiques et les outils ayant permis leur étude.

Ces deux outils ont été réalisés dans le cadre du programme de recherche GESSOL « Fonctions environnementales et gestion du patrimoine sol » du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. La traduction de l’Atlas est issue d’une collaboration avec le JRC et l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME). Le jeu des 7 familles est le fruit d’un partenariat avec l’Association française d’Etude des Sols (AFES), l’ADEME et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Les deux ouvrages ont été présentés lors de la Journée Mondiale des Sols (5 décembre 2013) organisée par l’AFES et Naturparif, sous l’égide de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) et le parrainage du Ministère de l’Égalité des territoires et du Logement et du Ministère de l’Écologie du Développement durable et de l’Énergie.

Pour plus d’informations et pour télécharger gratuitement l’Atlas européen de la biodiversité des sols ainsi que le jeu des 7 familles « La vie cachée des sols » :
www.gessol.fr/atlas
www.gessol.fr/content/le-jeu-de-7-familles-la-vie-cach-e-des-sols

nov 132012
 

Conférence publique : Voyons-nous les sols et sous-sols d'Île-de-France ?

Dans le cadre de son cycle de conférences mensuelles, Natureparif vous invite à rencontrer Marc LUCAS, Professeur à l’École des Mines Paris, TechPrésident de l’association Géomnis, le jeudi 15 novembre 2012 de 18h à 20h à l’auditorium de la Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF) au 84 rue de Grenelle, Paris 7e (Métro ligne 12, station Rue du Bac). Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.

Le minéral porte la biodiversité, structure les paysages et les activités humaines
Le minéral – la pierre, les cailloux comme on voudra – conditionne les activités humaines bien plus qu’on ne le croit. Il structure les reliefs et les paysages, porte et nourrit la biodiversité. Le minéral est la base des écosystèmes. Pourtant nous l’oublions ou le sous-estimons sauf s’il est exploitable (métaux, pétrole, eau…) ou mis en valeur par la main de l’homme (infrastructures, monuments, objets quotidiens…). Nous ne ne voyons pas ce sur quoi nous marchons. La plupart du temps, la géologie est considérée comme rébarbative, poussiéreuse et périmée ! L’est-elle ?

Notre vision de la nature, donc du minéral, est culturelle
Si nous acceptons l’hypothèse que nos mentalités changent moins vite que nos mœurs, nos connaissances et nos technologies, il s’ensuit que de vieux schémas de pensée déterminent notre regard. Notre vision de la nature est culturelle. Quels sont ces vieux schémas qui déterminent notre regard sur les sols, les sous-sols et le minéral ?

Découvrons un autre regard, nommons-le « géonomie »
Si de vieux schémas de pensée restreignent notre regard sans correspondre à nos connaissances et nos mœurs d’aujourd’hui, il est sans doute possible d’en changer ou de les adapter. Surtout, il est possible de prendre conscience des liens qui constituent le monde qui nous entoure. Portons un autre regard sur l’humain, le végétal et le minéral en voyant les liens qui les unissent. Exerçons-nous avec plaisir et curiosité à ce regard élargi. Nommons « géonomie » cette approche qui relève plus d’un état d’esprit que d’une discipline en souhaitant qu’elle reste simple, immédiate et savoureuse.

Appréhendez une autre façon de voir les sols et sous-sols d’Île-de-France lors de cette conférence !

avr 222010
 

On ne les voit presque jamais à l’air libre, seules leurs déjections se repèrent sur les terres laissées à nus. Précieux aides pour les jardiniers et la nature d’une manière plus générale, les vers de terre travaillent et améliorent le sol à longueur d’année ou presque.

Les jardiniers de l'ombre

Turricules de vers de terre dans un potager, photo Alain Delavie

Il existe trois grands types de vers de terre :
– Les épigés qui vivent en surface sur le sol, sous les feuilles ou dans les tas de fumiers ou de compost.
– Les anéciques, de grande taille, qui creusent des galeries plus ou moins verticales dans le sol à la recherche de nourriture qu’ils trouvent plutôt en surface.
– Les endogés, plus petits, qui vivent en profondeur dans la terre et se nourrissent de matières organiques déjà incorporées au sol.

On compte en moyenne environ une tonne de vers de terre par hectare, soient 1 à 4 millions d’individus. Plus un sol est piétiné et tassé, moins il contient de vers de terre.

Les jardiniers de l'ombre

Turricules de vers de terre dans un potager, photo Alain Delavie

Ce sont les anéciques qui forment les turricules, ces petits monticules visibles sur le sol par endroit. Ces amas sont en fait les déjections des lombrics. Ils sont constitués de terre enrichie en matières organiques (environ 50 % de plus que le sol non digéré par les vers), avec une activité biologique plus intense car nombre des bactéries présentes dans les tubes digestifs des vers de terre sont éjectées avec les excréments terreux.

Les turricules contiennent :
7 fois plus de phosphate que le sol non digéré,
10 fois plus de potasse,
5 fois plus d’azote,
3 fois plus de magnésium…

Sur une surface d’un demi-hectare, les vers peuvent déposer entre 10 et 15 tonnes de turricules.

Les rôles des vers de terre :
– Ils accélèrent la décomposition de la matière organique et favorisent son incorporation dans le sol,
– Ils aèrent le sol en creusant des galeries verticales et accroissent sa porosité,
– Ils déplacent et remontent des éléments nutritifs qui avaient été lessivés dans les couches plus profondes du sol,
– Ils accroissent la capacité d’enracinement des végétaux dont les racines peuvent emprunter les galeries creusées et se faufiler dans les différentes couches du sol,
– ils servent de nourriture à d’autres animaux, notamment les oiseaux.

Pour favoriser la présence et l’activité des vers de terre, il faut :
– Faire des apports réguliers d’amendements organiques pour enrichir la terre en humus,
– Éviter l’emploi du motoculteur et le retournement du sol,
– Pailler le sol pendant la belle saison,
– Éviter l’emploi de traitements chimiques sur et dans le sol.

Des vers de terre dans les potées et les jardinières ?
Contrairement à une idée reçue encore trop fréquemment avancée, les lombrics ou gros vers de terre ne mangent pas et ne coupent pas les racines des plantes. Ils sont capables de déplacer des montagnes de terre (sans pour autant vous retourner votre potée, rassurez-vous), mais ils ne s’attaquent pas aux végétaux en bonne santé. Seules les matières organiques en décomposition les intéressent.
Dans une grosse potée ou une jardinière volumineuse remplies de plantes vivaces ou d’arbustes et qui restent en place plusieurs années de suite, les vers de terre améliorent aussi la structure du sol et facilitent l’arrosage en profondeur des végétaux. Inutile de les enlever !